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Marthe Keller : une carrière suisse au rayonnement mondial

Actrice, metteuse en scène et voix majeure, la Bâloise a traversé plusieurs décennies de cinéma et de théâtre.

Par la rédaction · 24 July 2026 · 6 min de lecture

Portrait de l’actrice suisse Marthe Keller

Marthe Keller occupe une place singulière dans la culture suisse contemporaine. Née à Bâle le 28 janvier 1945, elle s’est d’abord formée à la danse avant de devenir comédienne, puis metteuse en scène d’opéra. Son parcours l’a conduite de la scène germanophone aux productions internationales de cinéma et aux grandes maisons lyriques, tout en conservant un lien durable avec la Suisse.

De la danse bâloise au théâtre

La première vocation de Marthe Keller est la danse classique. Une blessure met toutefois un terme à cette orientation et l’amène à se consacrer au théâtre. Elle travaille notamment dans le paysage scénique germanophone, où elle acquiert une solide expérience de l’interprétation et du mouvement. Cette formation marque durablement son approche du jeu : présence physique, précision du geste et attention portée au rythme de la parole.

Dans les années 1960 et 1970, elle s’impose comme actrice en Allemagne et en France. Elle apparaît dans des productions cinématographiques françaises, dont Le Diable par la queue de Philippe de Broca, sorti en 1969. Son activité ne se limite pas au cinéma : la scène théâtrale reste un élément essentiel de son identité artistique.

Une carrière internationale au cinéma

La reconnaissance internationale de Marthe Keller s’accélère au cours des années 1970. Elle joue dans Black Sunday, film de John Frankenheimer sorti en 1977, puis dans Marathon Man, réalisé la même année par John Schlesinger. Dans ce thriller américain, elle partage l’affiche avec Dustin Hoffman, Laurence Olivier et Roy Scheider.

Elle travaille également avec Billy Wilder dans Fedora, présenté en 1978. Le film, tourné dans un environnement européen et hollywoodien, témoigne de la capacité de l’actrice à évoluer entre plusieurs traditions de production. Son parcours américain comprend aussi Bobby Deerfield, réalisé par Sydney Pollack en 1977, avec Al Pacino.

Ces rôles ont contribué à faire connaître une actrice suisse au-delà de l’espace francophone et germanophone. Keller n’a cependant jamais réduit son activité à la célébrité cinématographique : elle a continué à travailler au théâtre et a progressivement développé une seconde carrière dans le domaine lyrique.

Du jeu à la mise en scène d’opéra

La mise en scène d’opéra devient l’un des axes majeurs de son travail. Elle aborde le répertoire avec une attention particulière portée au rapport entre la voix, le texte et l’espace scénique. Cette approche s’appuie sur son expérience de comédienne : les personnages sont construits à travers les intentions dramatiques, les silences, les déplacements et la relation entre les interprètes.

Ses productions ont été présentées par de grandes institutions lyriques internationales, notamment le Metropolitan Opera de New York. Elle y a signé la mise en scène de Dialogues des carmélites de Francis Poulenc, un ouvrage qui exige une direction attentive à la tension intérieure des personnages et à la force collective des scènes chorales.

Son travail de metteuse en scène s’inscrit dans un répertoire qui comprend notamment Mozart, Verdi et Puccini. Il illustre une évolution importante de sa carrière : après avoir interprété des personnages devant la caméra et sur scène, elle organise désormais le regard du public, le mouvement des chanteurs et la progression dramatique de l’œuvre.

Un héritage artistique suisse

L’héritage suisse de Marthe Keller ne se résume pas à son lieu de naissance. Sa trajectoire reflète plusieurs caractéristiques de la culture du pays : coexistence des langues, circulation entre les scènes européennes et ouverture aux échanges internationaux. Formée dans un environnement germanophone, active dans le cinéma français puis reconnue dans le monde anglophone, elle incarne une mobilité culturelle particulièrement visible en Suisse.

Son parcours rappelle aussi l’importance des institutions théâtrales et musicales suisses dans la formation des artistes. La danse, le théâtre, le cinéma et l’opéra ne constituent pas chez elle des domaines séparés, mais les étapes d’une même recherche autour du corps, de la voix et de la narration. Cette continuité explique la cohérence d’une carrière qui a changé de forme sans perdre son unité.

Une figure entre plusieurs disciplines

Marthe Keller appartient à une génération d’artistes capables de franchir les frontières entre les pays et les arts. Ses rôles au cinéma ont donné une visibilité internationale à son nom, tandis que son activité lyrique a révélé une autre dimension de sa pratique. La comédienne et la metteuse en scène partagent la même exigence : rendre lisibles les relations humaines au cœur d’une œuvre.

À travers cette double carrière, elle a contribué à faire connaître une présence artistique suisse dans des contextes très différents. Son itinéraire, commencé à Bâle et poursuivi sur les scènes européennes et américaines, demeure un exemple de longévité, de reconversion et de dialogue entre les cultures.

Repères vérifiables

  • Marthe Keller est née à Bâle le 28 janvier 1945.
  • Elle a commencé par une formation de danse avant de se tourner vers le théâtre et le cinéma.
  • Elle figure au générique de Le Diable par la queue, Black Sunday, Marathon Man, Bobby Deerfield et Fedora.
  • Elle a également travaillé comme metteuse en scène d’opéra, notamment pour le Metropolitan Opera de New York.

Ces repères peuvent être confrontés aux notices biographiques des institutions théâtrales et lyriques concernées, aux archives du Metropolitan Opera ainsi qu’aux fiches de films et aux ouvrages de référence consacrés au cinéma européen et américain.

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